C’était le paysage de ses rêves

La semaine dernière, nous sommes passés au Collectif d’En Face voir l’exposition de Guillaume Cartis : C’était le paysage de ses rêves. Le Covid-19 imposant une contrainte majeure dans la disposition des œuvres, nous arrivons dans un petit carré dédié aux visiteurs et s’ouvrant sur une « scène » où une installation s’étend sur plusieurs plans. L’univers minimaliste et épuré de cet habitué des fanzines se retrouve ici mis en relief et ouvre des fenêtres vers d’autres dimensions… Ces formes morcelées, brisées, sont autant d’énigmes sans solutions, des pièces de puzzles laissées là sans correspondance. Un dialogue se crée pourtant entre ces figures isolées qui communiquent par des biais invisibles, que la mise en scène suggère à l’imagination.

Graphiste de formation, on retrouve chez Guillaume une sorte d’intuition dans la composition de ses dessins, à la fois très reconnaissables et familiers : visages, lignes, feuillages, mains tendues, formes géométriques… et pourtant tous porteurs d’une sorte de mystère, d’un vide inexplicable et attirant. Tout le contraire d’une commande avec le geste et la précision qu’impose la pratique.

C’était le paysage de ses rêves, exposition de Guillaume Cartis au Collectif d’En Face. Octobre 2020

Ancien membre d’un collectif bordelais dédié aux arts numériques (Random Pixel Order), Guillaume s’est longuement intéressé aux glitchs, ces petites défaillances électroniques manipulées à des fins esthétiques ou sonores. Comme une sorte de sublimation du dysfonctionnement, un art de la faille et de l’équation manquée… la recherche d’un secret parmi l’agencement des données. S’il nous confie ne plus pouvoir rester bien longtemps derrière un ordinateur, souhaitant recréer ce contact inimitable qu’offre le feutre noir sur le papier, il subsiste dans son travail, cette recherche d’un monde, d’un paysage, de réminiscences, que seuls nos rêves, parfois, parviennent à saisir.

L’exposition est visible jusqu’au 24 octobre au Collectif d’En Face.